Roseline Steinmann
Coach professionnel
Titulaire de la Société Française de Coaching

Coach : le silence est ton allié

Coaching professionnel

Envie d'évoquer la force du silence quand il s'agit de penser et d'organiser ses idées pour se recentrer sur des fondamentaux,  envie aussi d'être à contre-courant du bruit et du buzz... :) 

Si vous souhaitez plus d'informations sur les Pratiques Narratives®, je vous invite à vous référer aux lectures proposées plus bas *  et/ou à vous rapprocher de : Pratiques Narratives®  grâce au lien juste ici.

Temps forts d'une séance de coaching collectif intitulée "Un silence narratif" *

Cette demande de coaching collectif m’est venue d’une association fondée dans les années 90 par une religieuse et un cadre d’entreprise : sa vocation : accompagner dans leur retour à l’emploi des cadres de 50 ans et plus, proches de la fin de leurs droits à indemnisation Pôle Emploi.

25 membres : cadres dirigeants ou managers en entreprises le jour, bénévoles le soir. 

Dans le cadre professionnel, ces hommes et ces femmes sont entraînés au management des hommes, de projets, à la prise de décision. Dans leur engagement bénévole, ils ont l’expérience de la relation d’accompagnement, mais ils y rencontrent souvent des difficultés de posture en tant qu'accompagnants. 

La demande :  changer ce qui pose problème dans leur posture et leur pratique : manque de distanciation,  résonances personnelles parasitant la qualité et l'efficacité de la relation. 

A titre d’illustration, un exemple récent m’est donné d’un entretien individuel ou l'accompagnant, traversant lui-même une période difficile, échoue à filtrer la résonance avec sa propre histoire. Il partage alors ses difficultés avec cette personne qui repart avec  un fardeau alourdi…

Comment progresser collectivement sur cette difficulté, en une séance de travail ?

Mon intention est d'accompagner ce groupe a converger vers une nouvelle pratique dans laquelle ils sauront  laisser tout l'espace qui revient à la personne qu'ils accompagnent. 

Je choisis le silence comme levier pédagogique de cette unique séquence de travail construite à partir de l'approche des Pratiques Narratives®.

  • Je veux conduire le groupe à faire émerger ce qui doit être exprimé collectivement, vu et entendu par tous : dans une expression structurée, avec une parole cadrée, de l'écoute et des temps de feedback partagés. 
  • Je veux faciliter ensuite des narrations intérieures individuelles et multiples structurées par un questionnement issu des Pratiques Narratives®.  Grâce à au silence.
  • Je veux accompagner le groupe à converger vers le socle d'un nouveau récit collectif au sujet de ce qui est central dans la relation d'accompagnement.

Avec mes formateurs et amis, Isabelle Laplante et Nicolas De Beer 

* Questionnement issu des Pratiques Narratives® 

 Les Pratiques Narratives®   Selon Michael White, travailleur social australien engagé et génial.  Approche importée, promue, enseignée, et encouragée en France dès 2005 par Isabelle Laplante et Nicolas De Beer, fondateurs de l'Ecole Médiat-Coaching. 

Quelques références bibliographiques :

.  Cartes des Pratiques Narratives, Michael White,

.  Les Moyens Narratifs au Service de la Thérapie, Michael White.

Un Silence Narratif.   Focus sur la séquence  Silence - Renarration 

Dans une première partie de séance, en sous-groupes et en groupe, chacun a déjà exprimé et partagé sa vision de la relation d'accompagnement. Chacun a entendu les apports des autres et y a réagi. 

 

2 temps suivent, pour élaborer ensemble une vision construite sur des fondamentaux communs.

TEMPS 1 :  Penser, conscientiser, inférer, intégrer,  les partages précédents - Dans un silence structuré par 3 questions *

A partir ce qui a été dit dans les feedback précédents, je vous invite chacun à :

     . Retrouver les mots qui vous ont touché,

     . Y associer une image, une métaphore,

     . Vous demander en quoi ça résonne pour vous."

Je vous invite chacun à contacter vos émotions, vos résonances    et vous les gardez pour vous…

Plusieurs minutes d'un silence structuré par 3 questions *, pour intérioriser les feedback précédemment partagés, les conscientiser, les conceptualiser, les transformer.  Pour en faire quelque chose.

 

TEMPS 2 :  Partager à voix haute à partir d'une question *  les éléments qui vont contribuer à construire un socle commun de ce qui est central et essentiel dans la relation d'accompagnement. Pour aller vers une nouvelle pratique de celle-ci.

      . Où cette réflexion silencieuse vous a-t-elle transporté ?  

Voici quelques-uns des témoignages recueillis : certains sont particulièrement évocateurs de la complexité de la posture d'accompagnant et de la diversité des chemins dans lesquels la relation d'accompagnement nous conduit.

Ce silence partagé a été comme un cadeau : j’ai été transporté dans mon propre accompagnement, car j’ai été accompagné avant de retrouver du travail et d’accompagner à mon tour.

Ça m’a permis de contacter ma résonance où il y a de la confiance dans la réussite de l’accompagnement, car moi aussi j’ai été accompagné avant de retravailler et d’accompagner à mon tour, et malgré tous les doutes qui ont été partagés, quand quelqu’un a dit «Je suis perplexe, la personne que j’accompagne arrivera-t-elle à réussir ?»,  j’entends qu’il pense déjà à la réussite de la personne qu’il accompagne, et qu’au fond, il a confiance.

Ce temps de silence m’a permis de repérer mes filtres.

Ce temps m’a permis de solliciter ma capacité d’écoute.

J’ai pensé aux mots qu’on n’a pas entendus tels que : gaieté, connivence… qui sont pourtant présents dans la relation d’accompagnement !

Oui il y a eu d’autres mots non exprimés tels que : modestie, humilité, confiance, faire baisser le niveau d’eau même un peu  (analogie avec l’iceberg-relation qui fond).

Je me suis réconcilié avec l’utilisation de «Je» qui est de moins en moins autorisée, surtout dans les entreprises, et je suis étonné et heureux d’être autorisé à exprimer et partager mon ressenti.

J’ai été conforté dans ma perplexité et dans ma vision d’une grande complexité de la relation.

J’ai été transporté dans un Inventaire à la Prévert.

J’ai pu faire une synthèse de tout ce qui a été dit, je me suis centré ensuite sur la profondeur de la tâche et le déséquilibre entre ce que je me sens capable de faire et ce qu’il faudrait réussir à faire.

J’ai été transporté dans une relation à parité. Je préfère le mot égalité.

Je suis conforté dans ma perception de la complexité.

J’ai fait une mise en contradiction, j’ai confronté les différentes visions.

 

Observé dans mon Jardin d'Epicure.

On peut y converser et y apprécier le silence.

On debriefe ?

Les membres de ce groupe ont pour la plupart une longue pratique de l’accompagnement et des savoirs concernant la relation à l'autre. Pourtant ils peuvent être démunis lorsqu'ils écoutent le difficile récit des personnes qu'ils accompagnent. 

Ces femmes et ces hommes managent des équipes en entreprise ; ils ont l'expérience de l’accompagnement dans le cadre associatif.  

Aussi je leur propose d’expérimenter et de superposer, sur les savoirs dont ils sont déjà riches, des points d’appuis structurants pour leur intervention.

 

A propos du silence et de la difficulté à lui laisser sa place dans la relation à l'autre, soulignons que le silence est familier aux membres de ce groupe.

Il leur est familier dans le silence de la prière.  Dans le silence de leur relation à Dieu.

Mais dans le cadre de l’accompagnement au retour à l’emploi, face à un être humain en détresse ou en grande difficulté, le silence prend une tout autre dimension. Il peut être subi, déstabilisant, perçu comme inquiétant.

Alors : combler le silence … ?  Ou en faire son allié ?

L’approche Narrative*  donne au travail réalisé par ce groupe de la profondeur, de la puissance, de la liberté pour s'exprimer en mode structuré, de la sécurité. 

Le silence est un contenant pour les mots et les expressions entendus, il s’enrichit d’images et de résonances.

Structuré et activement mobilisé, le silence n’est plus subi, il est vécu, partagé, organisé.

La rigueur et le calibrage des questions *  posées au groupe est un élément structurant ouvrant sur une expression facilitée.

 

Ce que nous disent les témoignages livrés :

Ils sont proches, opposés, ou différents et ils relient les individus les uns aux autres.  Chaque témoignage compte.

Découvrir et rassembler les témoignages produits par le groupe a posé des repères qui font sens pour ses membres et les relient : ces femmes et ces hommes ne portent pas tous le même regard sur la relation d’accompagnement, ils ne sont pas arrivés en empruntant le même chemin.

Ces témoignages, réactions,  avancées,  découvertes,  réassurances,  hésitations,  sont les éléments d'un nouveau récit du groupe au sujet de la relation à l'autre dans le cadre de l'accompagnement .  Les mots des autres, leurs émotions, les métaphores, les ressentis, le silence, les résonances ont trouvé leur place et leur sens dans ce récit. L'histoire alternative, préférée, se met en place.

Bonus

Parmi les retours que j’ai eus plus tard sur cette rencontre avec cette association, je partage ces deux idées qui se sont énoncées comme autant de signes que le groupe poursuivait sa progression dans la direction qu'il voulait :

  • La place que l’on laisse à sa propre humanité donne de l’espace à l’humanité de l’autre.
  • Les Pratiques Narratives offrent un cadre propice à la narration : ceux qui ne s’expriment jamais d’habitude se sont exprimés ce soir-là, grâce à des questions inhabituelles et de curiosité pour l'autre.

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